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Pour un plan national des arts visuels

Tribune
12 septembre 2016

Le secteur des arts visuels fait la démonstration en France d’une grande vitalité attestée par le nombre d’artistes qui y exercent, par la diversité des diffuseurs publics et privés qu’il représente, mais également par le dynamisme des recherches qui s’y développent. Les écoles d’art, les FRAC, les centres d’art, les galeries d’art contemporain, les artothèques, les résidences artistiques, les critiques d’art et les commissaires indépendants sont autant d’acteurs d’un écosystème dont aucun équivalent n’existe à l’étranger. Cette communauté artistique est aujourd’hui en danger.

Bien sûr, de grands établissements publics sont les fleurons d’une politique culturelle française et les arts plastiques contribuent au rayonnement de la France. Les records des ventes d’œuvres d’artistes contemporains entretiennent régulièrement le fantasme de l’argent coulant à flots dans un monde privilégié, mais la réalité est tout autre.
La précarité est grande. D’abord pour l’immense majorité des artistes, ensuite pour les personnels souvent surdiplômés qui travaillent dans les structures de diffusion avec des conventions collectives inadaptées ou inexistantes, et des salaires parmi les plus faibles du monde du travail ; enfin pour une grande part des galeries d’art contemporain qui fonctionnent avec une économie excessivement fragile.
Depuis près de dix ans, aucun prolongement concret n’a pu être trouvé à tous les efforts produits par l’ensemble de la communauté artistique pour réinventer des collaborations solidaires et construire une nouvelle économie pour ce secteur. Aucun des outils nécessaires à toute branche professionnelle n’a pu être créé. Le ministère du Travail n’a jamais pris la peine de répondre aux courriers de nos différents représentants afin d’examiner la mise en place d’une convention collective dédiée.
La récente loi Liberté de création, architecture, et patrimoine affirme des grands principes fédérateurs pour toute la communauté artistique, et propose quelques avancées avec de nouveaux labels pour les centres d’art et les FRAC, ou la protection des collections par exemple, mais dans la grande majorité du texte le secteur des arts plastiques est absent.
Aujourd’hui, seulement 9% du budget du ministère de la Culture dédié à la création et à sa diffusion est consacré aux arts visuels, ce qui représente 0,8% du budget total de ce ministère. Si la culture est un parent pauvre de l’Etat en n’atteignant pas 1% du budget global de la nation, le secteur des arts visuels reste lui le parent le plus pauvre de la culture !

A l’heure où il est urgent de réinventer des politiques au service de tous les citoyens, la culture, et plus particulièrement le secteur des arts visuels, est oubliée par la grande majorité des décideurs, happés par les effets d’une crise sans précédent des financements publics. Nous sommes à un tournant où il semble que bon nombre de responsables politiques ne s’emparent plus du formidable levier que constitue l’art pour favoriser une meilleure cohésion sociale, contribuer à l’émancipation des individus et développer un territoire.
Quelles sortes de villes, de régions, aurons-nous si les artistes d’aujourd’hui, si les lieux d’art dans toute leur diversité n’y ont plus leur place ? Lors de chaque campagne électorale, le monde culturel, et particulièrement l’art contemporain, est toujours une cible privilégiée pour les réactionnaires de tout poil qui s’en prennent directement aux principes qui fondent la création et sa diffusion : la liberté de pensée, l’affirmation d’un esprit critique, la tolérance, la diversité.
Loin de cette violence idéologique que le monde de l’art combat fermement, il existe aujourd’hui un autre risque, celui des financements stagnants puis réduits, qui tue à petit feu et sans bruit des structures à l’économie trop tendue pour résister à une pression supplémentaire. Ce risque n’est pas suffisamment évalué par les responsables publics parfois surpris devant ce secteur dont ils ne soupçonnaient pas l’extrême tension.

La révolution territoriale que constitue la réforme des régions interroge brutalement l’organisation actuelle du secteur, comme la pérennité des réseaux et des structures qui travaillent pour la diffusion de la création. Le risque d’une recentralisation des faibles moyens de la culture autour des métropoles est dans l’esprit de tous. Nous savons en effet les ravages que cela provoquerait pour les projets de toutes envergures qui créent la richesse culturelle des territoires et contribuent à l’équilibre si fragile de l’écosystème de l’art.
Cette réforme redéfinit aussi le couple Etat-Collectivités qui depuis trente ans a construit cette organisation dans la grande majorité des cas. Quelle articulation demain entre une politique culturelle nationale et les politiques culturelles des métropoles et des régions, dont certaines ont la taille d’un Etat, et qui peinent à assumer financièrement les compétences dont elles sont aujourd’hui dotées ?

Catherine Texier présidente du CIPAC (Fédération des professionnels de l'art contemporain).
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Les arts visuels ont connu un développement sans précédent au cours de ces trente dernières années : plus d’expositions, plus d’acteurs, plus de publics en France et ailleurs, faisant émerger un nouveau paysage professionnel et un secteur d’activité foisonnant. En Pays de la Loire, les professionnels des arts visuels sont nombreux, ils représentent des activités d’une grande diversité, mais sont aussi confrontés à de nombreuses problématiques : visibilité, identification de leurs compétences, emploi, économie, reconnaissance des métiers.

En créant un espace de concertation entre les acteurs, le Pôle arts visuels Pays de la Loire propose de mutualiser les expertises et les compétences pour constituer une ressource mise à la disposition de chacun d’entre-nous.