Pôle
arts
visuels
Pays
de la Loire

Partager

Étienne Poulle

Artiste et enseignant à l'ESAD TALM Angers

07.01.2020

Étienne Poulle — Pôle Arts Visuels Pays de la Loire
Etienne Poulle, 2019. Photo : Sandrine Jousseaume

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
J’ai arrêté l’école à 16 ans et je me suis dirigé vers des formations de maçonnerie et de tailleur de pierres. J’ai exercé ces métiers pendant dix ans avant de reprendre les études aux Beaux Arts. Ces études m’ont donné le goût de l’enseignement et peu après l’obtention de mon diplôme j’ai commencé à enseigner au Beaux arts d’Angers, d’abord avec des heures de remplacement ou des cours périscolaires, puis peu à peu en accédant à des charges de cours complètes. Aujourd’hui, j’y enseigne « officiellement » le volume.

En quoi votre parcours vous permet de réaliser et même d’ouvrir certaines missions qui vous sont confiées dans l’enseignement ?
Mon enseignement repose sur l’idée qu’une démarche artistique implique une mise en œuvre complexe. Pour moi l’enseignement doit donner les moyens aux étudiants de réfléchir à la fabrication, au savoir faire. Je les laisse réfléchir à la forme à mesure qu’ils fabriquent. L’histoire de l’art est mise en pratique. C’est aussi dans cette dynamique que je développe les partenariats entre l’école et des acteurs locaux pour donner aux réalisations plastiques des étudiants des contextes directs.

Comment ces idées entrent elles en résonance dans votre pratique de sculpteur?
Ma pratique reflète les multiples explorations que je tente avec la matière. Je regarde certaines de mes anciennes pièces comme les maquettes possibles de pistes nouvelles. J’allie le savoir faire de la maçonnerie et le questionnement de l’art. J’oscille en permanence entre certitude et fragilité. Je prends des idées un peu partout dans l’histoire ou la science. Je fais des liens entre mécanismes de construction contemporains et patrimoine.

Comment le Pôle arts visuels en tant que réseau intervient ici pour vous ?
Le Pôle est un espace qui rassemble des gens faisant le même métier que moi. Je le vois comme un outil pour, indépendamment de la nature de ma pratique, réfléchir, échanger autour des problématiques que pose la création plastique.

Quel.le.s sont les questions ou projets que vous avez envie d’approfondir ?
L’enseignement m’apporte un rythme et une remise en question continuelle dans ma pratique. Et inversement, ma pratique me permet de suivre mes étudiants dans les risques qu’ils prennent en amenant la question de la matière première et de tous les enjeux techniques qui en découlent. Je veux continuer à donner aux étudiants les outils pour affronter la matière et en même temps leur permettre de travailler les différents médiums avec légèreté et toujours cette envie de regarder comment les objets traversent l’histoire.

Entretien réalisé par Émilie Houssa