Pôle
arts
visuels
Pays
de la Loire

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Benoît-Marie Moriceau

Artiste et directeur de Mosquito Coast Factory, Campbon

13.01.2022

Benoît-Marie Moriceau — Pôle Arts Visuels Pays de la Loire
Benoît-Marie Moriceau © Mosquito Coast Factory - Photo : David Moreau

Quel a été ton parcours professionnel ?
J’ai fait mes études à l’école des Beaux-Arts de Quimper, en passant par les écoles d’art de Limerick et de Wimbledon avant d’obtenir une maîtrise en arts plastiques à l’Université Rennes 2. Parallèlement à ma pratique artistique, j’ai entrepris une activité de régisseur indépendant en intégrant mon premier réseau professionnel : l’AFROA. L’enseignement et la direction d’un lieu de création me permet de continuer à toucher un peu à tout.

Pourquoi avoir créé Mosquito Coast Factory ?
En 2003, nous avons fondé une association qui réunissait de jeunes artistes diplômés, une historienne de l’art et une médiatrice. Il s’agissait de mettre en place une structure collégiale qui nous permette de partager nos expériences, de porter des projets artistiques et d’imaginer de nouvelles modalités de diffusion… Vers 2008, mon activité d’artiste est devenue centrale et des problématiques de production et de stockage ont commencer à se poser. J’ai fait appel à l’agence Tolila+Gilliland pour dessiner mon futur atelier qui a ouvert ses portes en 2011. J’ai souhaité que cet espace puisse s’enrichir de la présence de l’association et profiter à d’autres créateurs qui seraient accueillis en résidence. Cette dimension collaborative est devenue essentielle pour moi dans la façon d’envisager la création comme une pratique non isolée et nourrie par des expérimentations et des rencontres.

Comment cette structure a-t-elle évolué depuis 10 ans ?
Le bâtiment est implanté dans une ZAC située entre Nantes et Saint-Nazaire. Nous restons le seul lieu d’art contemporain local et nous avons bénéficié au départ d’une visibilité strictement liée à notre réseau. Puis, nous avons progressivement découvert toute la richesse de ce territoire et de ses habitants. Par exemple, nous avons associé une chorale à un club de boxe local dans la production d’une performance de Yoan Sorin au sein d’un cinéma associatif. En 2016, le premier pro-jet que nous avons programmé dans l’espace public était une œuvre végétale du sculpteur Laurent Le Deunff. Ces projets ont été produits en collaboration avec Tripode avec qui nous avons travail-lé pendant 3 ans. Actuellement notre structure est portée par trois administratrices bénévoles. Notre fonctionnement est basé sur une économie mixte qui implique essentiellement des entre-prises locales. La crise sanitaire ne nous a malheureusement pas permis de renouveler le contrat PEC de notre coordinatrice mais cela nous a poussé à nous repositionner. Désormais, j’assure seul la direction du lieu avec le soutien régulier de prestataires indépendants. Le dispositif Trajet nous a aidés à recentrer l’activité sur l’accueil des artistes en résidence et l’implantation d’œuvres pérennes dans l’espace public. Nous sommes d’ailleurs la première structure en Pays de la Loire à avoir intégré le réseau Arts en résidence.

Parle-nous de ton implication dans le Pôle.
Au départ, j’ai été représentant du collège Création puis vice-président. Je partage les mêmes valeurs que le pôle : croiser les savoirs, mutualiser des outils et valoriser les arts visuels… Le dispositif de mobilité Erasmus+ a été un très bel exemple de coopération, nous permettant de com-parer des modèles de structuration de réseaux et de lieux collaboratifs dans différents pays euro-péens. Récemment, c’est en tant que représentant du collège Art public que j’ai participé à l’organisation de journées professionnelles avec la Ville d’Angers. Une façon de redéfinir les enjeux entre art public et art urbain, d’observer les politiques culturelles, et de questionner la place de l’art dans l’espace public aujourd’hui.

Ilan Michel