→ Matière vive est un parcours expérimental d’accompagnement des artistes professionnel·les ou en voie de professionnalisation, en Pays de la Loire, sur-mesure, par étapes et à la carte, dans une dimension collective et individuelle s’appuyant sur un programme de compagnonnage pensé avec les professionnel·les de la région.
→ Porté par le Pôle arts visuels Pays de la Loire, Matière vive est soutenu par la Fondation de France et la Région Pays de la Loire et s’adresse aux artistes en activité dans le champ des arts visuels et domicilié·es en Pays de la Loire.
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Chaque mois, le Pôle arts visuels Pays de la Loire met en lumière les strutures et acteur·ices qui contribuent au compagnonnage dans le cadre du dispositif Matière vive.
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Hélène, Laurent, pourriez-vous nous présenter Bonus en quelques mots ? Quelles sont les principales missions de votre structure, les axes majeurs de votre action et comment est composée votre équipe ?
Le projet du collectif Bonus propose des ateliers pour les artistes et des bureaux pour les associations. Avec son espace de diffusion et son atelier de production tourné vers l’impression, Bonus accompagne les artistes via des projets de médiation, de création ainsi que des projets de mobilité à l’échelle nationale et internationale.
Incubateur de dynamiques artistiques, le projet Bonus repose sur une dimension coopérative et répond aux nécessités d’émulation, d’échange de savoirs et de mutualisation de moyens favorables à l’émergence de carrières artistiques.
Le pilotage du projet est assuré par un conseil collégial constitué de trois associations ancrées dans l’environnement artistique local, national et international et de trois artistes, usager·ères ou non des ateliers (et leurs suppléant.es). L’équipe comprend trois salarié·es avec une administratrice également chargée de communication, un chargé de coordination et de développement, et un chargé de production.
Bonus est implanté à Nantes et s’adresse aux artistes de la métropole nantaise. Quels liens entretenez-vous avec la ville et plus précisément avec les deux quartiers, très différents, où se situent vos ateliers ? En quoi ces espaces constituent-ils, selon vous, une ressource essentielle pour les artistes du territoire ?
Bonus contribue à ancrer l’art dans le tissu local. En effet, l’association favorise les liens avec la ville de Nantes via des projets de création de territoire, des ateliers d’EAC – Éducation Artistique et Culturelle à destination des écoles et des expositions proposées au Grand huit, galerie située sur le site de l’Ilot des Îles. Les artistes peuvent ainsi tisser des liens avec le public, mais aussi avec les autres acteur·ices culturel·les et sociaux·ales des quartiers, créant ainsi un réseau dynamique.
Par ailleurs, dans un contexte où de nombreux·ses artistes n’ont pas forcément les moyens d’investir dans du matériel de qualité, ces ateliers leur permettent d’accéder à des ressources techniques et logistiques adaptées à leurs projets.
Les ateliers offrent également un environnement de travail stimulant. C’est un lieu de rencontre et de partage d’idées, favorisant les échanges entre artistes. C’est un espace de création mais aussi de soutien moral et d’inspiration.
En bref, les ateliers Bonus représentent un point d’ancrage important pour les artistes nantais·es. Ils leur permettent de se développer, d’expérimenter, de collaborer, et de trouver des opportunités dans un cadre propice à la créativité.
Vous avez choisi de vous engager dans le dispositif Matière Vive via le compagnonnage. Trois artistes (Adrien Ledoux, Luce Terrasson et Blanche Bonnel) ont ainsi pu bénéficier d’un atelier temporaire de six mois. Quelles raisons ont motivé cette implication de votre part ?
L’implication de l’association Bonus dans le dispositif Matière vive via le compagnonnage a été motivée par la résonnance entre le dispositif et l’essence même du projet Bonus. En effet, Bonus affirme une volonté forte de soutenir les artistes émergent·es et de mettre à disposition les ressources adaptées à leurs besoins.
Ainsi, trois raisons ont particulièrement motivé cette démarche. Pour commencer, il y avait le désir de soutenir la jeune création et par conséquent de faciliter les premières étapes de vie la vie professionnelle des artistes. En effet, l’accès à un espace de travail est un enjeu majeur pour les artistes en début de parcours. En proposant un atelier temporaire pour six mois, Bonus a souhaité offrir aux artistes un cadre structurant pour expérimenter, produire et développer leur pratique. C’est une façon de répondre aux difficultés d’installation que peuvent rencontrer les jeunes artistes, notamment dans un contexte où les espaces de travail sont rares et coûteux.
Ensuite, il y avait la volonté d’encourager les échanges et le partage d’expériences. Le compagnonnage ne se limite pas à la mise à disposition d’un lieu. Il s’agit aussi de bénéficier des actions d’une structure qui favorise les rencontres, les discussions et les apprentissages mutuels entre artistes d’horizons divers.
Enfin, il y avait l’objectif de renforcer les maillages à différentes échelles territoriales. En accueillant des artistes tel·les qu’Adrien Ledoux, Luce Terrasson et Blanche Bonnel, Bonus poursuit son rôle dans le maillage des territoires en agissant au-delà de l’agglomération nantaise. Cela tend à favoriser les échanges à différentes échelles géographiques et permet à des artistes de diverses générations et origines de se rencontrer et de tisser des réseaux professionnels fructueux.
Vous allez prochainement (du 13 au 19 juin 2025) accueillir l’exposition de clôture de Matière vive au Grand Huit, marquant ainsi votre soutien jusqu’au bout à ce dispositif et, plus largement, au Pôle arts visuels. Pourquoi cet engagement vous tient-il particulièrement à cœur ?
L’accueil de l’exposition de clôture de Matière vive au Grand Huit est une continuité naturelle de l’engagement de Bonus dans le soutien aux artistes émergent·es et au développement des arts visuels à Nantes et au-delà.
Cet événement est une occasion importante pour nous. C’est tout d’abord l’occasion de valoriser le travail des artistes et leur parcours dans le dispositif. Après six mois d’atelier, l’exposition constitue un moment clé pour les artistes. Elle leur permet de présenter leurs recherches, d’échanger avec un public élargi et de marquer une étape importante dans leur parcours professionnel. L’exposition offrira une visibilité essentielle à leurs œuvres et soulignera l’impact du dispositif sur leur évolution artistique.
De plus, c’est également une opportunité d’affirmer notre rôle au sein du réseau des arts visuels nantais. En que structure adhérente active au Pôle arts visuels, Bonus réaffirme ici son engagement aux côtés des structures qui œuvrent à la structuration de la filière arts visuels. En ouvrant les portes du Grand Huit, le collectif contribue à la mise en réseau des artistes et des professionnel·les, renforçant ainsi les dynamiques collectives des territoires.
Par ailleurs, cette exposition est aussi un bon moyen pour proposer un temps fort fédérateur pour le public et la scène artistique locale. Au-delà d’une simple restitution,
l’exposition de clôture permet de créer un moment de rencontre entre les artistes, les structures partenaires, les curieux·ses et les acteur·ices du monde de l’art. Le Grand Huit, offre donc un espace propice à la discussion, aux découvertes et aux échanges, pour faire résonner le travail accompli au sein de Matière vive.
Pour finir, cette exposition marque certes la clôture d’un cycle, mais elle s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : celle de notre engagement et de notre soutien continu à la création émergente, quelles que soient les générations. En nous impliquant jusqu’au bout, nous affirmons notre volonté d’accompagner les artistes au-delà de leur passage dans le dispositif, en restant un acteur ressource tout au long de leur parcours.
Comment définiriez-vous le concept de compagnonnage en quelques mots ?
Le compagnonnage est un dispositif de transmission et d’accompagnement, au sein duquel des artistes bénéficient d’un cadre de travail, de ressources et d’échanges avec des professionnel·les plus expérimenté·es. Il favorise l’apprentissage par l’expérience, le partage de savoirs et l’intégration dans des réseaux artistiques, tout en laissant une grande place à l’expérimentation et à l’autonomie.
Selon vous, en quoi l’accompagnement des artistes dans le cadre de Matière vive contribue-t-il à structurer le secteur des arts visuels dans son ensemble et à professionnaliser l’ensemble de ses acteurs et actrices ?
L’accompagnement proposé dans le cadre de Matière vive constitue un véritable levier pour structurer et professionnaliser le secteur des arts visuels.
En offrant aux artistes un espace de travail partagé et un accompagnement personnalisé, tout en favorisant le dialogue entre artistes, institutions, et autres acteur·ices du secteur, Matière vive pose les bases d’un écosystème collaboratif. Et c’est au cœur de ce réseau dynamique que les expériences se croisent et se renforcent mutuellement.
En outre, le dispositif de compagnonnage permet une transmission directe entre artistes expérimentés et émergents. Cette transmission de savoir-faire contribue à la montée en compétences des acteur·ices et à la professionnalisation en diffusant des pratiques, des méthodes et des techniques qui élèvent le niveau de la création artistique sur le long terme.
Il est à noter également qu’en structurant le parcours des artistes et en leur offrant des opportunités d’exposition et d’expérimentation, Matière vive aide à construire des trajectoires professionnelles solides. La visibilité et la légitimation des pratiques permettent aux artistes de gagner en reconnaissance ce qui renforce leur crédibilité auprès des institutions notamment.
Ce dispositif d’accompagnement est source d’innovation et permet d’esquisser des réponses face aux défis du secteur. Il permet de repenser les modes de création et d’intégrer des pratiques innovantes dans le paysage artistique. Il répond à la fois aux enjeux actuels de la professionnalisation tout en adaptant les pratiques aux évolutions du marché et aux attentes du public.
Ainsi, l’accompagnement proposé dans le cadre de Matière vive ne se contente pas de soutenir des projets individuels ; il contribue à structurer l’ensemble du secteur des arts visuels en créant des ponts entre les artistes et les divers·es acteur·ices du milieu, tout en instaurant des standards de professionnalisation qui profitent à l’ensemble de la filière.
L’accompagnement proposé par Matière vive permet-il, selon vous, de renouveler le regard porté sur la dynamique du réseau et les partenariats potentiels entre les structures ?
En favorisant des échanges transversaux entre artistes, institutions et partenaires, le dispositif d’accompagnement Matière vive ouvre la voie à un renouvellement des pratiques relationnelles au sein du réseau.
Les interactions stimulées par le compagnonnage incitent les structures à repenser leurs collaborations en partageant des savoir-faire et voire des infrastructures pour répondre aux défis communs. On observe ainsi la mutualisation de ressources et compétences.
Par ailleurs, la dynamique instaurée encourage l’émergence de nouveaux partenariats, plus flexibles et adaptés aux enjeux contemporains, en valorisant la complémentarité des acteur·ices du milieu.
En plaçant l’expérimentation au cœur de l’accompagnement, Matière vive invite les structures à dépasser des logiques traditionnelles et à explorer des modèles de collaboration qui renforcent la vitalité et la pertinence du secteur des arts visuels. Ainsi, cet accompagnement ne se limite pas à un soutien individuel aux artistes, mais contribue à transformer la manière dont les acteur·ices du secteur interagissent et coopèrent, renouvelant ainsi le regard sur la dynamique du réseau et sur le potentiel des partenariats.
Matière vive est soutenu par la Fondation de France et la Région Pays de la Loire