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Risques psychosociaux dans le secteur culturel en Bretagne : enjeux et outils

Conseil culturel de Bretagne (CCB)

Plusieurs membres du Conseil culturel de Bretagne (CCB) ont interpelé l’assemblée au regard de la multiplication des cas d’épuisement au travail dans le secteur culturel. Le Conseil a mis en place un groupe de travail chargé d’étudier les risques psychosociaux dans le secteur culturel en Bretagne.

Les risques psychosociaux (RPS) au travail sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels. On les appelle « psychosociaux » car ils sont à l’interface entre l’individu et sa situation de travail. En effet, les risques psychosociaux apparaissent lorsque les salariés sont exposés à un ou plusieurs facteurs de stress liés à l’organisation du travail. Les troubles de santé qui en résultent ne relèvent pas de l’individu, mais bien du contexte professionnel dans lequel il évolue.

Le contexte économique et social national suscite des craintes : raréfaction des financements publics, déconsidération de la culture par certains élu·es et médias, sentiment de manque de reconnaissance des acteurs et actrices culturel·les depuis la crise sanitaire… 

Le secteur culturel n’est pas le seul secteur touché, et sans doute pas le plus impacté. On peut penser ici aux secteurs de la construction ou de l’agriculture par exemple. 

Le secteur culturel se distingue toutefois des autres secteurs marchands et non marchands par plusieurs caractéristiques, notamment son mode d’organisation, la précarité structurelle de nombreux emplois et le fort investissement affectif qu’il suscite. Les acteurs et actrices de ce secteur travaillent en grande partie selon une logique de projet et dépendent souvent de leur réputation pour assurer le financement, la production et la diffusion de leurs œuvres. Par ailleurs, les relations professionnelles y sont fréquemment marquées par des rapports d’ascendance et de notoriété, qu’il s’agisse des interactions entre producteurs et directeurs artistiques ou réalisateurs, ou encore entre metteurs en scène et comédiens. Le secteur culturel concentre ainsi des enjeux spécifiques qui, combinés à la forte valeur symbolique qui lui est accordée par la population et les pouvoirs publics, en font un espace particulièrement singulier.

Cette réflexion autour des risques psychosociaux dans la culture s’inscrit aussi dans un contexte national où pour la première fois, la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale en 2025 et 2026. Ce choix répond à un enjeu majeur de santé publique alors qu’un Français sur quatre sera confronté à un trouble mental au cours de sa vie. Avec modestie, le Conseil culturel souhaite contribuer à sa hauteur à lever les tabous, à améliorer l’accès aux soins et à l’information et à renforcer la prévention des risques psychosociaux.

Le CCB a constitué un groupe de travail de 13 personnes chargé de mener cette étude. Afin de nourrir sa réflexion, il a récolté de la documentation, envoyé un questionnaire, organisé quinze auditions soit 27 personnes, recueilli des contributions. Le questionnaire a été envoyé à 736 structures ou personnes. Il a obtenu 180 réponses, soit un taux de 25%. Ce résultat amène deux réflexions : 

– Le sujet est d’actualité et interpelle ; 

– Le taux de réponse peut être le signe d’un certain mal-être et/ou les acteurs osent davantage s’exprimer sur le sujet.

Les risques psycho-sociaux et leur prévention sont des sujets complexes dans la mesure où les facteurs sont endogènes et exogènes, relèvent du global (structurel) et du particulier, évoque le public, le professionnel et l’intime. Les métiers de la culture sont souvent perçus avec des engagements affectifs importants, où le flou entre vie personnelle et professionnelle justifierait le non-respect du code du travail. Pourtant, la préservation de la santé et de la sécurité des salariés, comme l’évaluation et la prévention des risques professionnels est une obligation légale de l’employeur.

L’étude poursuit deux objectifs

– Dresser un paysage de la situation des associations dans le secteur culturel en Bretagne historique au regard des facteurs de risques psychosociaux ; 

– Alerter les pouvoirs publics et les différentes filières du secteur culturel en faisant connaitre les outils et les pratiques remarquables en la matière.

La première partie de ce rapport définit les éléments de contexte ainsi que les caractéristiques du secteur culturel en Bretagne. La seconde partie aborde les différents facteurs de risque psychosociaux par type d’acteur : gouvernance – conseil d’administration (CA) composé de bénévoles / direction / salarié·es – artistes. 

Le Conseil culturel ne prétend pas apporter de solutions toutes faites, il propose ici des éléments de réflexion qui doivent s’inscrire dans le temps long, avec la prudence nécessaire, en partenariat avec les acteurs et actrices culturel·les, techniques (santé, prévention) et institutionnel·les.

Accéder à la ressource

— Lire le rapport du CCB